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Full text of "MMAF 9, Fasc. 1 (1892)"

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MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 



MÉMOIRES 

PUBLIÉS 

PAR LES MEMBRES 

DE LA 

MISSION ARCHEOLOGIQUE FRANÇAISE 

AU CAIRE 

SOUS LA DIRECTION DE M. U. BOURIANT 



TOME NEUVIÈME 

I er Fascicule 
J. BAILLET 

LE PAPYRUS MATHÉMATIQUE D’AKHMIM 

U. BOURIANT 

fragments du texte grec du livre d’énoch 

et DE QUELQUES ÉCRITS ATTRIBUÉS A SAINT PIERRE 



PARIS 




ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE 

de l’école des langues orientales vivantes, de l’école du louvre, etc 

28, RUE BONAPARTE, 28 



1892 




MÉMOIRES 

PUBLIÉS PAR LES MEMBRES 

DE LA 



MISSION ARCHÉOLOGIQUE FRANÇAISE AU CAIRE 



LE PUY-EN-VELAY. — IMPRIMERIE MARCHESSOU FILS 



PAPYRUS MATHÉMATIQUE D’AKHMIM 



PAR 



J. BAILLET 



















. 






. 

K 





















* . 



- 
























f 






PAPYRUS MATHÉMATIQUE D’AKHMIM 






TABLE 



1° Généralités. 

Intérêt du papyrus (i). Historique (2). Aspect (3). Date (3). 

II 0 Paléographie 

i° De l’alphabet. Diverses formes des lettres (4). 

2° Numération et sigles numériques (8). Sigles des nombres entiers (9). Nombres 
multiplicatifs (xo). Numération des fractions. Sigles des fractions, formes diverses, 
double accent, 2/3, (10). Nombres ordinaux, sommes de fractions, nombres 
fractionnaires (12). 

3° Vocabulaire mathématique et abréviations (12). ^7jtpo<; (13). xdc6ap<ji<; (14). 

No (15). (15). 

4° Idiomatismes, fautes de prononciation ou de graphie (16). 

III 0 Tables de division 

i° Contenu des tables, — de 2/3 à 1/11 et après, — aptÔp.w (15). 

2 0 Constitution des tables (20). 

3 0 Usage des tables (22). 

4° Texte et transcription (24). 

IV 0 Problèmes. — Calcul des fractions 

i° Composition du recueil ' 

Gradation des problèmes (32). Conjectures sur l’origine du maïïtrêem ^34). Intérêt 
rétrospectif des calculs, erreur du problème 1 (35). 

2° Opérations sur les fractions. Exposé systématique des divers procédés de calcul 

§ 1 . Conséquences de la numération des fractions et de l’absence des numérateurs 

( 35 ). 

§ 2. Mepidfxoç, Division d’un nombre entier par un autre plus fort : 

i° Par des soustractions (38); 2 0 par la formule (39); 3° par des soustractions et 
la formule (40); 4 0 par simplification, etc. (41); 5 0 par plusieurs applications de 
la formule (41); 6 ° par introduction dans la formule d’un facteur arbitraire (42). 

§ 3. Addition (44). Conversion en quotient d’une somme de fractions (44) ou d’un 
nombre fractionnaire (46). 



lm 4 



4-18 



19-31 



32-89 

32-35 



35-39 







Il 



TABLE * 



§ 4. Décomposition d’une fraction en une somme de fractions équivalentes (Xwpta- 

(47)* 

§ 5. Soustraction. i re méthode (48). 2 me méthode (49). 

§ 6. Multiplication, par une fraction (50), par un nombre fractionnaire (51). 

§7. Proportions, problèmes d’intérêts, division des fractions. Donnée des problè- 
mes (52). Le problème 28 (53). Solution (54). 

§ 8. Proportions (suite), problèmes de partage, divers procédés pour éluder ou re- 
tarder le calcul des fractions : i er ^type de problèmes (55). 6 cas divers (56); 
2 me type (58). Substitutions et fausse position (59). 

3 0 Comparaison avec le papyrus Rhind * 

4 0 Texte des problèmes, transcription et traduction 



60-62 

63-89 



PAPYRUS MATHÉMATHIQUE D’AKHMÎM 



INTÉRÊT, HISTORIQUE, ASPECT ET DATE DU PAPYRUS. 

Les papyrus d’Égypte nous feront des surprises, il faut l’espérer, longtemps 
encore. A côté des textes égyptiens, il s’est trouvé des textes grecs. A côté des 
textes religieux, on a découvert des textes littéraires, historiques, philosophiques, 
puis dej contrats, des comptes, du plus haut intérêt pour l’étude de la vie quoti- 
dienne et l’économie sociale ou privée du peuple égyptien à diverses époques. 
Dernièrement a été exhumé un papyrus d’un nouveau genre : un livre de calculs. 
Les manuscrits mathématiques anciens ne sont pas très communs : celui-ci, quel 
qu’il soit, a donc son prix. 

Pour le calcul proprement dit (les anciens distinguaient avec soin Y arithmétique, 
ou science des propriétés des nombres, et la logistique, ou art des calculs), le der- 
nier représentant de la tradition grecque aujourd’hui disparue, ouvrage cc unique dans 
son genre », c étaient les deux Lettres arithmétiques du Byzantin Nicolas Artavasde, 
de Smyrne, dit le Rhabdas, dont l’une fut écrite en 1341 *. Toutefois les origines 
de cette science n étaient pas inconnues : les papyrus égyptiens avaient fourni un 
Manuel du calculateur, du xvm e siècle avant Jésus-Christ \ Entre ces deux dates 
extrêmes, le nouveau papyrus vient prendre place et marquer une étape. Les Égyp- 

1. Paul Tannery, Notice sur les deux lettres arithmétiques de Nicolas Rhabdas. (Notices et Extraits des manuscrits 
de la Bibliothèque Nationale, etc... Paris, Imprimerie Nationale, 1886.) — Je dois à M. Tannery plusieurs aper- 
çus qui ont trouvé plqce dans ce mémoire : qu il me soit permis de l’en remercier. 

2. Le papyrus Rhind du British Muséum, publié par Aug. Eisenlohr, Ein mathematisches Handbuch der alten 

Ægypten (Hinrich, Leipzig, 1877). v 




2 



J. BAILLET 



tiens avaient été dans la science du calcul, comme dans les autres mathématiques, 
les initiateurs des Grecs. Ceux-ci avaient inventé une numération écrite plus per- 
fectionnée, des méthodes de multiplication et de division plus simples et plus 
rapides; mais, à côté de leurs méthodes nouvelles, certains procédés égyptiens ont 
survécu. Alors même que l’Occident latin, à la suite des Arabes, y a renoncé, ces 
procédés n’ont pas cessé, jusqu’aux derniers jours de l’empire byzantin, d’être 
employés en Orient et même exclusivement enseignés dans les écoles élémentai- 
res. Cette coexistence des méthodes helléniques et égyptiennes est constatée, entre 
autres, dans une scholie du Charmide de Platon \ Le papyrus nouveau nous fait 
connaître le dernier état et les derniers perfectionnements des méthodes égyptien- 
nes. Mieux que les calculs géométriques de la collection Héronienne \ dont -il se 
rapproche comme date, il nous renseigne sur ces « sommations et décomposi- 
tions de fractions » de la scholie, sur certains procèdes et artifices de calcul, îiéces- 
sités par le système de numération fractionnelle, que l’on voit appliqués dans la 
collection Héronienne, mais que sans lui nous ignorerions en réalité. 

Ainsi ce papyrus offre l’intérêt capital de représenter le plus ancien document 
connu actuellement sur l’enseignement pratique du calcul arithmétique chez les 
Grecs. Soit que l’on veuille le comparer à son ancêtre égyptien, soit que l’on ; se 
retourne vers des documents plus récents et vers la science moderne, il pourra nous 
suggérer d’utiles réflexions et nous faire mieux apprécier le prix de certains progrès 
lentement accomplis par l’humanité. 

Il mérite donc que l’on fasse son histoire. L 

Ce papyrus a été trouvé dans la nécropole d’Akhmîm, l’ancienne Panopolis, en 
Haute-Égypte. Des fellahs l’avaient découvert ensemble : le partage du butin les 
mit aux prises. Le papyrus est un article fort demandé sur le marché des antiquités 
et les Arabes s’en exagèrent la valeur : chacun des auteurs de la trouvaille voulut se 
l’attribuer tout entière. Leur dispute les trahit, le moudir, ou gouverneur de la 
province, intervint; il les mit d’accord en confisquant l’objet de leur différend; 
l’hiver suivant il le remit au directeur général des antiquités en Égypte, M. Grébaut, 
à la gracieuse obligeance duquel j’en dois la communication. Le papyrus fut emporté 
à Boulaq et se trouve aujourd’hui au Musée de Gizeh. 



4 



1. Platon, p. 512, 52. — Tannery, op. cit., p. 7. 

2. Hultsch, Heronis A lexandrini geometricorum et stereometricorum reliquia. (Weidmann, Berlin, 1864.) 



2 



J. BAILLET 



tiens avaient été dans la science du calcul, comme dans les autres mathématiques, 
les initiateurs des Grecs. Ceux-ci avaient inventé une numération écrite plus per- 
fectionnée, des méthodes de multiplication et de division plus simples et plus 
rapides; mais, à côté de leurs méthodes nouvelles, certains procédés égyptiens ont 
survécu. Alors même que l’Occident latin, à la Suite des Arabes, y a renoncé, ces 
procédés n’ont pas cessé, jusqu’aux derniers jours de l’empire byzantin, d’être 
employés en Orient et même exclusivement enseignés dans les écoles élémentai- 
res. Cette coexistence des méthodes helléniques et égyptiennes est constatée, entre 
autres, dans une scholie du Charmide de Platon '. Le papyrus nouveau nous fait 
connaître le dernier état et les derniers perfectionnements des méthodes égyptien- 
nes. Mieux que les calculs géométriques de la collection Héronienne 2 , dont al se 
rapproche comme date, il nous renseigne sur ces « sommations et décomposi- 
tions de fractions » de la scholie, sur certains procédés et artifices de calcul, néces- 
sités par le système de numération fractionnelle, que l’on voit appliqués dans la 
collection Héronienne, mais que sans lui nous ignorerions en réalité. 

Ainsi ce papyrus offre l’intérêt capital de représenter le plus ancien document 
connu actuellement sur l’enseignement pratique du calcul arithmétique chez les 
Grecs. Soit que l’on veuille le comparer à son ancêtre égyptien, soit que 1 on se 
retourne vers des documents plus récents et vers la science moderne, il pouna nous 
suggérer d’utiles réflexions et nous faire mieux apprécier le prix de certains progrès 
lentement accomplis par l’humanité. 

Il mérite donc que l’on fasse son histoire. * 

Ce papyrus a été trouvé dans la nécropole d’ Akhmîm, l’ancienne Panopolis, en 
Haute-Égypte. Des fellahs l’avaient découvert ensemble : le partage du butin les 
mit aux prises. Le papyrus est un article fort demandé sur le marché des antiquités 
et les Arabes s’en exagèrent la valeur : chacun des auteurs de la trouvaille voulut se 
l’attribuer tout entière. Leur dispute les trahit, le moudir, ou gouverneur de la 
province, intervint; il les mit d’accord en confisquant l’objet de leur différend; 
l’hiver suivant il le remit au directeur général des antiquités en Égypte, M. Grébaut, 
à la gracieuse obligeance duquel j’en dois la communication. Le papyrus fut emporte 
à Boulaq et se trouve aujourd’hui au Musée de Gizeh. 

1. Platon, p. 512, 52. — Tannery, op. cit., p. 7. 

2. Hultsch, Heronis Alexandrini geometrkorum et stcnometricorum rdiquia. (Weidmann, Berlin, 1864.) 



PAPYRUS MATHÉMATHIQ.UE D’AKHMÎM 



3 



Le manuscrit se présentait sous une forme rare pour les papyrus, celle d’un livre 
relié et non celle d’un volumen. Les pages mesuraient environ 315 millimètres sur 
275. La couverture était de cuir dur. D’ailleurs, couverture et pages du papyrus ne 
formaient qu’un seul bloc; l’adhérence était parfaite et parfois l’existence de deux 
feuilles superposées ne se soupçonnait qu’à l’épaisseur; des soins minutieux ont 
été nécessaires pour les séparer et rendre à chaque feuille son individualité. Six 
feuilles, isolées, étaient couvertes d’écriture des deux côtés; le reste du cahier était 
resté blanc : rien n’a été écrit non plus sur le verso de la deuxième feuille ni sur le 
recto de la troisième. 

Les pages ont un bel aspect. L’écriture en est grosse et nette, disposée sur 6 et 
5 colonnes dans les premières pages, sur deux dans les autres. Une marge s’éten- 
dait tout autour du texte. Elle a été parfois endommagée en haut et en bas, mais 
surtout à la tranche latérale : quelques fragments en ont été détachés ; il manque 
quelques lettres au début ou à la fin du plus grand nombre des lignes, ce qui gêne 
surtout quand ces lettres représentent des chiffres. A l’intérieur des pages, au 
contraire il y a très peu de lacunes. 

L’écriture est une sorte de cursive qui se rapproche beaucoup de la minuscule 
classique. La forme de certaines lettres et quelques signes spéciaux offrent un réel 
intérêt pour le paléographe. 

A tout point de vue, il y a deux parties à distinguer dans le manuscrit. La première 
est disposée sur un plus grand nombre de colonnes, et en outre, se distingue du 
reste par quelques différences d’écriture : le contenu ne s’en joint pas nécessairement 
à ce qui suit. C’est d’abord une table de division, puis vient un recueil de problè- 
mes. L’un et l’autre sont curieux. 

Aucune souscription n’indique la date exacte du manuscrit. Mais il est sûrement 
de l’époque byzantine et antérieur à l’invasion Arabe. L’auteur était certainement 
un chrétien, comme le prouvent les croix placées en tête ou à la suite de certains 
problèmes. La nécropole où le volume a été trouvé, est un cimetière chrétien, d’où 
l’on tire ces curieuses broderies coptes que l’on recherche si avidement depuis 
quelques années. Elle a pu être remplie du vi e au ix e siècle. La paléographie indique 
la mêm^ époque en resserrant un peu les dates. L’écriture n’est pas encore la pure 
minuseüle classique du x e siècle; mais certaines formes de lettres sont déjà les 
mêmes. Si les lettres d’onciale cursive y sont nombreuses, on peut en attribuer la 



4 



J. BAILLET 



présence à l’influence des chiffres qui sont spécialement représentés par les formes 
onciales, ce qui aide à la clarté, sans qu’il y ait toutefois complète exclusion. 
L’abréviation y? N° se rencontre souvent dans les papyrus gréco-égyptiens du 
Louvre qui sont des vi e et vn e siècles Certaines formes de chiffres sont tout à 
fait originales. Celle du stigma se rencontre dans les manuscrits du vn e et du 
vm e siècles. C’est vers ce temps, sans doute, qu’il faudrait placer la rédaction de 
notre papyrus. 



11 ° 

PALÉOGRAPHIE DU PAPYRUS MATHÉMATIQUE D’AKHMÎM 

* 

i° De l’alphabet. 

L’intérêt de ce papyrus, au point de vue paléographique, est double, selon que 
l’on envisage soit le système général d’écriture, soit le système spécial de numé- 
ration. 

A première vue, le mélange de lettres minuscules et onciales pourrait donner le 
change et faire attribuer ce papyrus à une époque postérieure de plusieurs siècles; 
mais alors sa présence dans la nécropole d’Akhmîm serait inexplicable. Elle s’expli- 
que fort bien au contraire, si l’on suppose que le manuscrit est non de l’époque où 
les formes onciales rentrent dans l’écriture, mais de celle où la minuscule ne s’est 
pas encore complètement dégagée de la cursive. Notre manuscrit nous fera donc 
assister, pour ainsi dire, à la naissance de la minuscule, et pourra renseigner, à l’occa- 
sion sur le ductus original de certaines lettres. 

Notons donc les diverses formes de chaque lettre. Mais distinguons toujours 
avec soin les deux parties du manuscrit où l’emploi n’en est pas tout à fait le même. 

"AXç a se fait d’un seul ductus, tous les angles en sont arrondis. Dans la première 
partie du manuscrit, il se présente parfois sous la forme cursive pure, panse ronde 
et fermée, deuxième jambage oblique (A); dans la seconde la panse est toujours 
ouverte et les deux traits se redressent (a, ou u). Quelquefois le second jambage 



i. Édition académique, n° s 20 et 21 . — Rev. Égypt., t. III, IV et V passim. 



PAPYRUS MATHÉMATHIQ.UE D’AKHMÎM 



5 



pour se relier à la lettre suivante ne descend pas jusqu a la ligne (cf. table, ligatures 
de ai et a a). Parfois, quand a est employé dans les sigles des fractions, le second 
jambage au lieu de se relever, descend verticalement. 

B?jTa est toujours formé de deux pièces : une hampe droite qui se relève angu- 
lairement ou en s’arrondissant, pour former la partie inférieure de la lettre, et une 
ligne sinueuse qui enveloppe la première à droite. Tantôt la hampe atteint la hau- 
teur totale de la lettre, tantôt la deuxième ligne forme la boucle supérieure tout 
entière. Cette lettre dépasse un peu les lignes par le haut et par le bas. 

râ(j.ij.a conserve sa forme épigraphique quand il signifie 3, et souvent dans le 
texte. Comme lettre et sigle fractionnelle, il se rattache a la lettre précédente, et la 
ligne supérieure s’en fait sinueuse, ce qui peut induire en confusion avec d autres 
lettres comme 1 et u (■/'). Quelquefois le premier jambage pi end la loi me d une 
boucle; jamais il ne se prolonge au-dessous de la ligne. 

AéXva, sigle du nombre 4, se présente sous la forme onciale : le trait de gauche 
et celui du bas, faits d’un seul coup de plume, angle ou panse arrondie, et le trait 
de droite dépassant les premiers toujours par le haut, souvent par le bas. Comme 
lettre il ne se rencontre que deux fois et offre alors la forme quil affecte oïdinai 
rement comme sigle numérale de 1/4, forme voisine de notre « d » d imprimerie, 

où la longueur du trait de droite s’exagère. 

■'E'jnXov ne reçoit que dans la première partie du manuscrit l ancienne forme 
onciale d’un sigma lunaire fait d’un seul trait et traversé d une barre (g). Parfois 
1 il est fait de trois pièces : une hampe très haute, rattachée ou non à la lettre pré- 
cédente et se relevant du bas par un angle ou une courbe, le trait supérieur 
tracé probablement de gauche à droite, — la barre médiane (cf. Legenda S.Geor- 
gii). Le plus souvent, le premier trait est réduit à une demi-boucle qui se rattache 
à la lettre précédente, le deuxième et la barre s’exécutent d un seul coup de plume 
en se reliant tantôt à droite, tantôt à gauche du trait supérieur; ce second élément 
prend diverses formes : demi-boucle avec le trait supérieur commencé par le haut, 
angle aigu avec le trait supérieur commencé en bas, accent circonflexe, boucle 
entière, chiffre arabe 2; il est très fréquemment séparé du premier; la diphtongue 
ei est toujours^éerite au moyen de l’une de ces formes. Dans ce cas, c est toujours 
par l’élépfKfnt inférieur que la lettre est commencée; c’est toujours l’élément supé- 
rieur qui se relie à' la lettre suivante : il est à croire qu il en a été de même de la 



6 



J. BAILLET 



forme minuscule et que le ductus d’un seul trait, semblable à un G, est postérieur, 
s’il existe. 

ZrjTa est celui de la cursive aux angles arrondis, et à la ligne inférieure sinueuse. 
On ne le trouve dans ce papyrus que comme sigle numéral 

*Hva paraît dans la première partie du texte avec des formes onciales. Ordinai- 
rement le premier trait s’élève au-dessus de la ligne comme dans la minuscule; le 
second se recourbe souvent à droite ou à gauche, et reste libre ou se relie par une 
ligne angulaire ou courbe à la lettre suivante. Dans les sigles des fractions on ren- 
contre encore une autre forme (Cf. infra). 

0yjva est tantôt un ovale allongé traversé d’une barre, tantôt une double boucle 
tracée sans lever la plume. Il dépasse le corps des lignes. 

’ldha, simple trait vertical, terminé quelquefois par un petit crochet à gauche, se 
relie à la lettre précédente. Au problème 18 comme sigle numérale, au probl. 50 
dans le mot eïç, il est surmonté d’un double point. 

Kora-ria se présente tantôt sous la forme onciale, avec la hampe droite et deux 
traits obliques plus ou moins sinueux, tantôt sous la forme minuscule, hampe 
prolongée en l’air, traits obliques confondus en un seul jambage vertical arrondi 1 
et rattaché au bas de la hampe, tantôt sous des formes intermédiaires, telle que 
celle qui se rencontre à la première page des problèmes, dépourvue du prolonge- 
ment de la hampe. 

Aàp.ëâa se fait de deux traits, dont le second, droit ou sinueux, dépasse le pre- 
mier par en haut et souvent par en bas; le premier se réduit souvent à une petite 
boucle rentrante, et se relie à la lettre précédente : au probl. 20, il est même relié 
à la barre d’abréviation du mot précédent. 

Mo a ses jambages arrondis, le premier descend un peu au-dessous de la ligne; 
dans la première partie, il y a des p. minuscules parfaits; cette lettre se joint à la 
précédente, ordinairement par le bas du premier jambage, quelquefois par le haut 
(dans r]p.u<ri, Prob. 3 1). 

No présente des formes variées depuis le N épigraphique jusqu’au p minuscule : 
le premier jambage est plus ou moins allongé, le second plus ou moins recourbé 
en dedans, quelquefois joint à la lettre suivante, quelquefois démesurément éloi- 
gné du premier pour remplir la fin d’une ligne (Prob. 13). Dans les mots sçuv et 
oîuXrjcrciv (Prob. 38), il offre une forme rare, voisine de notre « n » d’imprimerit; 



PAPYRUS MATHÉMATHIQ.UE D’AKHMÎM 



7 



Sï se compose de trois barres toujours obliquement reliées entre elles; celle du 
haut se recourbe souvent, surtout dans la première partie, celle du bas ondule plus 
ou moins capricieusement; la lettre dépasse le corps de la ligne, tantôt en haut, 

* tantôt en bas, tantôt au-dessus et au-dessous à la fois. 

Ojuxpov est tantôt égal au corps des autres lettres, tantôt plus petit; la bou- 
'^cle en est plus ou moins bien fermée; il se relie souvent à la lettre précédente, 
quelquefois à ses deux voisines (Prob. 30, tto(<x. Prob. 29, arco tcov). 

lit, isolé, se présente sous la forme onciale; dans un mot, il s’ouvre par le haut 
figurant à peu prés un w qui se relie aux lettres voisines : il ressemble ainsi à deux 
v ou à deux y; la forme minuscule (©) n’est pas employée une seule fois. 

Pw se fait ordinairement d’une seule pièce en commençant par la boucle du 
haut; parfois cependant la hampe descendante s’exécute d’abord et la panse s’y 
accole. ^ 

Ltyp.a offre généralement la forme cursive; il se fait en deux pièces, un arc de 
cercle surmonté d’une barre horizontale, plus ou moins droite ou sinueuse, quel- 
quefois allongée ou recourbée d’une manière fantaisiste (Prob. 2 & 43); le pre- 
mier élément se joint à la lettre précédente, le second à la lettre suivante comme 
dans l’e; quelquefois, si les deux traits sont trop rigides, il peut y avoir confusion 
avec le r (Prob. 1 7). 

TaO, toujours renfermé dans le corps des lignes, tantôt se forme de deux droi- 
tes, tantôt se trace d’un seul trait de plume en s’ouvrant par le haut comme le y 
et le tc. Au problème 29, la barre horizontale ne se prolonge pas à droite; au 
problème 48, la barre verticale est transformée en boucle. 

T^tXov est toujours angulaire et sans queue au-dessous de la ligne; il pourrait 
parfois se confondre avec y et n. Aux problèmes 30 et sqq., il est placé en l’air 
comme souvent les °; au problème 35, il est pointé (ü). 

comme sigle numérique, présente souvent la forme cursive (<1>); comme let- 
tre, la forme minuscule, faite d’un seul tracé avec une boucle au haut de la hampe. 

Xt offre les formes cursives ordinaires. 

est tracé différemment dans les deux parties du papyrus : dans la première, 
la hampe est traversée d’une barre horizontale recourbée en sens inverse à ses deux 
extrémités; dans la deuxième partie, elle passe par le sommet d’un angle renversé, 
dont les éléments sont plus ou moins infléchis et recourbés. 






8 J. BAILLET 

*üp.Eya présente la forme cursive; quelquefois il se rattache à la lettre suivante, 
la forme du problème 42 est dûe à une correction. 

Pour résumer, des formes angulaires et carrées on ne voit que le T, leJS* l^- Hr 
jamais Q, H, E, A, A, A, 0 , S, Z, S; le M est toujours arrondi, le Ô allongé et barré. 

Le trait de droite du A et du >. dépasse toujours. Les traits transversaux du K, du 
Z, du S, du X ondulent plus ou moins. Les hampes du p, du <p, du ^ dépasent tou- 
jours la ligne. D’autres lettres tendent encore à ressortir, tels que le p, l\ le *, le 
$, le i-, parfois l’e et le ç. Le y et l’u ne descendent jamais. Certaines formes oncia- 
les ne se rencontrent déjà plus : l’a à panse fermée, le <r(y[xa lunaire formé d’un 
seul trait, le i en plusieurs morceaux (S). On ne rencontre pas encore les formes 
minuscules de l’A (a), du B ( u ), du P (y), de l’E (b), du A (A), du II (o^, du 2 
(cr), du double 2 (or), de l’Û (00 ). En revanche on trouve déjà celles du A (0), de 
| l’H (fi), du 0 (s), dû K Q, *), du M (p.), du N (p), du S (£, $), du $ (^). Celles 

de l’E, de l’A, du T, se rapprochent de la minuscule. A signaler quelques formes 
spéciales de l’E, du A (d), du N (n) et du * (w). Les deux parties du papyrus - 
offrent des différences pour certaines formes du T, du A, du K, du a, du II, du T,^ 

du Y. 

Il n’y a dans le manuscrit aucune ponctuation. Seulement à chaque problème on 
va à la ligne, en laissant un blanc et parfois en traçant une barre (cf. p. 6 et 9). La 
première lettre d’une phrase ne se distingue en rien des autres. 

I 

2 0 Numération et sigles numériques. 

■9 

Les nombres sont transcrits selon le système ordinaire par les lettres de l’alpha- 
bet surmontées d’un trait (a = A, 5 = 1); mais l’omission de ce trait nest pas 
moins fréquente que l’application du système. Quelquefois le trait marque que 
deux lettres doivent être jointes et les autres isolées Z H NC 0 ( Pr . 4.), mais 
S quelquefois il les réunit à tort PIB (Pr. 16) pour PI ; B. 

Nous avons noté déjà que les formes ouvertes du T, du ü, du T Représentaient 
les lettres à l’exclusion des nombres, auxquels en revanche semblai 
les formes majuscules du A et du et que les nombres entiers se 
parfois des fractions par la forme seule de la lettre employée. 



?nt reservees 
iistinguaierrt 



! 



PAPYRUS MATHÉMATHIQ.UE D’AKHMIM 



9 



Sigles des nombres entiers. 

La j forme des èuuxv^a doit nous arrêter un instant. 

Le 'paO se compose d’un arc de cercle comme les éléments inférieurs de l’e et 
du a, Priais recourbé en sens inverse au-dessous de la ligne, et d’une barre horizon- 
tale jointe au haut de l’arc ( 9 ); cette forme, postérieure à celle des plus anciens 
papyrus, se rencontre depuis- l’édit de Dioclétien jusqu’à la minuscule classique; 
elle ne donne pas encore l’idée du stigma (cf); les variantes de la première 
partie semblent un peu plus anciennes que celles de la seconde (Cf. Iliad. Bauk cT ; 
première partie 5 ? deuxième partie 9 ). 

Le Qpima n’a pas non plus la même forme dans les deux parties. Dans la 
première, l’arc db cercle dépasse le corps de la ligne par en haut et se soude à une 
petite queue verticale; dans la seconde au contraire la panse est petite et la queue 
descend au-dessous de la ligne. 

Le Eip/iu n’est pas arrondi ou carré comme dans les plus anciens papyrus 
(7ÏT mais angulaire; il ne reste pas au-dessus de la ligne comme dans les 
exemples cités par Bern. Peyron ( v 'j'°), mais il ressemble à celui d’un alphabet de 
saint Gall de 956 (' p ) dépassant la ligne en dessous, au moins pour la deuxième 
partie du papyrus yK )- 

Les deux parties du papyrus différent notablement pour l’expression des mil- 
liers. Dans la première, la lettre qui exprime les unités de mille est précédée d’un 
trait* oblique qui joint le haut du premier jambage et non le haut de la lettre 
comme dans les papyrus cités par Peyron et Bast. Seul le Z fait exception : le trait 
est à sa droite. Dans la seconde partie, le trait est toujours à droite, un peu 
au-dessous de la lettre et sans y être toujours joint. 

Les dizaines de mille ne sont pas non plus représentées de même dans les deux 
parties. Le nombre 10,000 figure seul dans la table du début : il s’écrit tantôt 
par un I précédé d’un point, tantôt par un petit a un peu en l’air avec un point et 
une barre au-dessous. Cet a pointé a une autre signification dans les problèmes, 
et les dizaines de mille s’y expriment par une autre méthode. On fait précéder la 
lettre qui signifie le nombre de dizaines de mille d’un signe particulier, un cercle 
ouvert par le bas avec un point au centre (or = 30,000, ob = 20,000). Proba- 
blement ce signe est un dérivé de M, abrégé de jxu piiç, fwpvxSeç, que l’on rencontre 



10 



J. BAILLET 



plus ordinairement inscrit au-dessous de la lettre exprimant le nombre de myriades 
(À,n = 20,000, 10,000. Wattenbach, Einleitung tut griechische Paléographie ^ 

Les nombres multiplicatifs s’écrivent comme les nombres entiers saris aucun 
signe distinctif : B iüv IA signifie : le double de 1 1 . 

Numération des fractions. 

Sur la numération fractionnelle se concentre le principal intérêt, car elle sert de 
fondement à tous les calculs contenus dans le papyrus. 

Les fractions sont toujours conçues comme des subdivisions ou parties ali— 
quotes de l’unité. Les expressions fractionnaires où se trouveraient des numéra- 
teurs supérieurs à l’unité, comme 3/15, ne sont pas connues. La fraction 2/3 fait 
seule exception. Règle et exception sont conformes aux principes de la numération 
égyptienne '. 

Il en résulte qu’une fraction ne se désigne jamais que par un seul nombre entier, 
celui que nous appelons dénominateur, et dont les anciens disaient qu’il était 
l’homonyme de la fraction ou que la fraction en était l’homonyme, to ôuojvu^v 
ocütoO pipiov. 

De même une fraction se représente par une seule sigle, celle du nombre entier 
correspondant, légèrement modifiée pour permettre de les distinguer l’un de 
l’autre. Ici encore les deux parties du papyrus emploient deux systèmes qui diffé- 
rent entre eux et qui ne sont exactement ni l’un ni l’autre le système usuel. Il y a 
aussi une distinction à faire entre les diverses lettres. 

Ordinairement un accent ou un trait à droite de la lettre indique quelle doit 
être lue comme fraction. 

Dans la première partie du papyrus cet accent est remplacé après les lettres y, e, 
Ç, Sr, par une boucle dont la queue se relève, tracée à l’extrémité du dernier trait 
de ces lettres. Les lettres I, K et B en composition (soit dans 1/42, 1/22 = p.( 3 , 
x( 3 ) ne se distinguent par rien. Peut-être le trait inférieur du Z se prolonge-t-il un 
peu dans 1/7. Les lettres a (en composition, par exemple 1/21 =* xa) S, y) affec- 
tent, lorsqu’ils signifient des fractions, des formes différentes de celles qu’elles 

) 

! 

1. Cf. Cantor, Geschichte der Mathematik ch. i, et Brügsch, Grammaire démotique ch. v. 



PAPYRUS MATH ÉMATHI Q.UE D’AKHMÎM 



ii 



prennent pour représenter des nombres entiers. Ainsi 4 se trouve toujours écrit 
par le A majuscule; 1/4 au contraire par le S minuscule (d S). Le dernier trait de 
l’àX<pa, au lieu de se relever après le dernier jambage, se recourbe en arriére; s’il 
descendait trop brusquement, il pourrait prêter à confusion avec le qoppa ou avec 
la forme que nous allons signaler de l’êta : en ce cas 1/2 1, ou 1/28, ou 20 + 1/90, 
ou 1/20 + 1/90 ne se reconnaîtraient guère qu’au contexte. Dans les fractions, 
tantôt l’êta garde la forme minuscule, tantôt il en prend une toute particulière : 
le deuxième trait se rattache au bas du premier et se prolonge au-dessous de la 
ligne, obnnant à la lettre l’aspect non précisément de 1’ « 4 » d’imprimerie, mais 
plutôt du ce q » latin, ce qui peut amener la confusion précitée avec l’àXçpa et surtout 
le qomra. La fraction 1/2 se représente par un angle obtus, ouvert à droite, dont 
le premier trait est vertical. Comme sigle de la fraction 2/3, la seule usitée sans 
être aliquote de l’unité, Bast signale dans un papyrus du iv e siècle un [ir^x majus- 
cule traversé d’une barre (B); dans les manuscrits de Héron d’Alexandrie, 2/3 
est représenté par une figure semblable, dit M. Rodet (Journal Asiatique XVIII, 
p. 185), à « un « m » de romain retourné, au dernier jambage de laquelle s’atta- 
che le trait noueux qui remplace le double accent pour marquer les fractions » : 
la figure qu’il trace, assez voisine du ® minuscule, n’est autre que le (3 minuscule 
(u) surmonté du trait numérique, ou traversé par la barre de Bast. Ici on emploie 
un signe nouveau (9) et difficile à expliquer, car il ne dérive sensiblement ni du [3 
ni de la sigle égyptienne. La forme LQ', employée par les manuscrits des lettres 
arithmétiques de Rhabdas, n’est autre chose que le [3 minuscule (u) avec la boucle 
qui remplace les accents pour désigner les fractions dans la première partie de 
notre papyrus. Elle est vraisemblablement postérieure à celle de notre manuscrit 
car elle correspond à la conception de 2/3 comme oluo tpov,- fraction à numé- 
rateur 2. 

Dans les problèmes les formes susdites de a, 4, S sont aussi employées, mais 
aussi bien à ces lettres qu’à toutes les autres est joint un double trait oblique 
ou, si l’on veut, un double accent, placé à droite (T : ce double accent se trou- 
vait déjà dans les manuscrits d’Héron; mais il s’y expliquait par ce fait que les 
nombres entiers y sont indiqués par l’accent simple. Seulement ce double accent 
est très fréquemment omis devant une fraction et ajouté fautivement devant un 
nombre entier : ces confusions causent une des principales difficultés de la lec- 



12 



J. BAILLET 



ture \ En effet, dans ce papyrus, I, par exemple, signifie ou io, o/T le décuple, ou 
le dixième. La sigle de 1/2 est rarement faite de deux traits dro/ts, l'un et l’autre 
se recourbent et ondulent; les formes produites sont celles quf ont fait expliquer 
cette sigle comme l’abréviation de la première lettre d’. : Ü est toutefois plus 

vraisemblable de les expliquer comme une déformation d’un angle purement 
conventionnel, que d’imaginer la réduction de traits courbes en lignes droites. 
Pour 2/3 la sigle diffère de celle des tables et ne semble pas lui être apparentée; 
c’est un angle ouvert à gauche, avec un point dans l’ouverture (>). 

Les nombres ordinaux sont rendus par les mêmes sigles que les fractions. Ainsi 
au problème 3, on doit rendre toO a”, voO voû y”, etc., par du I er , du 2 e , 
du 3 e , etc. 

Afin de compléter de suite l’exposé du système de numération des fractions 
dans notre papyrus, ajoutons (ce qui d ailleurs ne lui est pas particulier) que, 
pour suppléer à l’absence de fractions à numérateur variable, on les remplace 
par une somme équivalente de fractions sans numérateur écrites a cote 1 une de 
l’autre sans aucun signe : ainsi 3/4 s’écrira 1/2 1/4 (< d ). 

Le nombre fractionnaire se représente de meme en écrivant a la suite sans aucun 

signe les quantités qui s’additionnent : 3 1/3 = Ty • 

L’article ne qualifie dans ces deux cas que le premier nombre énoncé : voo d” 
Xï) " = To0 wràp-tou Xfltl toO elxéar ou èyooou ( Pr . 23), comme <rijç A< = 'rfjç [daç 
xal toO rjutaouç (Pr . 38). 



3 0 Vocabulaire mathématique et abréviations. 

Les opérations à faire sont le plus souvent indiquées par certains mots con- 
sacrés, écrits parfois en abrégé. Mais quelquefois rien ne gpide le lecteui : ainsi 
au problème 4 : ZHNC doit se lire 7x8= 56; au problème 20 : IZI 0 yi/AC 
doit se lire 17 + 19 = 36; et plus loin « emb vwv OE G'71/A I6/C Xefaerat NH » 
doit s’entendre « de 75 retranchez 19 (qui est le 17 e du nombre donné 323), 
reste 58 ». \ 

1 . Des confusions semblables ont lieu dans le papyrus égyptien de Londres (Cf. Eisenlof. p. 66). Dans la trans- 
cription de ce manuscrit, les majuscules désigneront toujours des nombres entiers; les minuscules, des fractions. 



PAPYRUS MATHÉMATHIQ.UE D’AKHMÎM 



13 



L’addition se marque par xal entre les nombres a additionner, ou crnoie par 
p* avec le génitif (Pr. .3, 2., 2 $, 26, *, 37 , 4 <>). K« indique encore simple- 
ment que l’on passe à une autre opération. Les mots face ^ of** ao«« 
indiquent une soustraction. Ordinairement «pX. est abrégé et défigure en «wV = ' 

il se trouve néanmoins écrit quelquefois en entier (Pr. 29, 30, 31, 3 2 )- es m0 s 
Iri L (en abrégé au Pr. 20) entre deux nombres désignent respective- 
ment «ne multiplication ou une division. La multiplication par un petit nombre 

peut aussi être indiquée par un verbe spécial : (»• 5 *. 

Pr 4 o) ( Pr ■ ta, ,6, J0> », (Pr. .8), *», (»• V>\ 

LtxMqvo, ( Pr . 18); la finale est souvent abrégée. La division peut etre ega- 
lement indiquée par un verbe : <1 E pépia», sic I <7 : 60 pattagez-les en 10, 

cela fait 6 » (Pr. 47)', «ne seule fois pépia», est éent en entier, partout ai curs on 
ne met que les 3 premières lettres avec la barre d'abréviation W /; il* mot «« est 
parfois omis '. Une autre formule pour indiquer un produit est ce e-ci . « 

NE - le double de 5 5 » (*■ ^ Elfe est trés empl0y6e P ° Ur rep0 ”^ e ‘ 
question a ai iut ai n; quoi multiplié par quoi fait n », cest-a-dire " que s sont 

les facteurs de tel produit? » Elle est plus souvent encore employée avec une 
fraction (qui dans ce cas prend l’article neutre), soit dans une donnée « tqc A a» 
* 6 " » (Pr. . 6 ), soit pour indiquer une opération qui reste à faire « *»1 ™* a a» 
,«■' - reste à prendre 1/1 1 de 6 » (Pr. 14), soit pour répondre à la question <1 é, 
tfr* *; » Q-Uel « le sens de cette question? Il y est toujours répondu par 
le .produit d’un nombre quelconque par une fraction, par exemp e : « E» 

Uf0> y" e" (é”; aû, E ai va”. — Qu’est-ce que 1/3 1/9 t/99- Le i/n e 5 
(Pr 8 ) « 'E, nota ifyoi aaOaa; «wv S 1" X" ai pi"-— En quel r'lî»S 2 somme 
donnée? c’est l/no de éo ./.o 1/30. » Le mot Wî »c a originairement le sens 
de caülou dont on se sert pour calculer. De là, on peut passer au sens de calcul 
on trouve en effet ce sens chez Héron d’Alexandrie, où le titre aA», 
signifie « autre procédé de calcul, autre solution * ». Chez certains Peres de Eglise 
on trouve encore de ce mot une autre acception. C’est le bizarre calcul qui, 
interprétant comme chiffres les lettres d’un nom propre, en fait la somme a 

1. (Pr. 1, 11, 37, 48, 49- H est exprimé aux problèmes 3, 4, 10, 27, 33, 34, 35, 3j>, 47, 48, 49)- 



'*> Uvvnx l Traité des mesures 25- Cf. Ibid. 2 J 



I4 J. BAILLET À / ■ 

laquelle des propriétés mystiques sont attribuées, ou encore cette somme mystique 
même 

Il faut bien se garder de confondre cette expression « n jxÉpi crov elç m — 
partagez n en m parties » qui marque une division, avec cette autre « X^P t70V 
n de, m » ( Pr . 1 6, 50), ou simplement « n elç m » (Pr. 19, 20) qui désigné 
une tout autre opération sur laquelle il faudra revenir, et signifie « séparez » 
ou « décomposez n en m fractions dont la somme soit équivalente an », 
n représentant la fraction, la somme de fractions ou le nombre fractionnaire 

donnés. 

Le résultat de l’addition, de la multiplication et de la division (si l’on con- 
sidère comme division la multiplication par une fraction) se marque par yi/, 
abréviation de yiyvsvai. Celui de la soustraction par Wi, abréviation de 
Xefawai. Le mot fiXXwç indique deux solutions possibles, dans le cas ôù l’on 
recherche les facteurs d’un nombre. Le résultat final de toutes les opérations, ou 
tout au moins d’une série d’opérations, est amené par les mots <bç elvai. La for- 
mule &ç elvat bftoo (Pr. 39 ) annonce un résultat récapitulatif, r£vv W , au 
problème 4, signifie somme, et to yiyvop-evov, au problème 25, produit. 

Les mots ùuèp et xàOapaiç prennent dans ce manuscrit des sens spéciaux et 
inusités que nous essayerons de déterminer en expliquant les problèmes ou ils se 

rencontrent. 

Les premiers problèmes nous offrent les termes géométriques suivants : r.tpi- 



1. Eusèbe ( Hist . Eccl. V, 8. Ed. Migne XX, p. 449 ) <Ste le calcul du nom de l’Antéchrist Mfo» *l« 
’ Avx ™ 0U jtpooi)fop£aç par un hérésiarque qui déclare que le nombre du nom de la bête de l’Apocalypse ressort 
des lettres de ce nom d’après le calcul des Grecs 6 Jp** «3 ôv^axo; xoü 6„p£o U xaxi 4 * xOW ’E^vorv ÿqfov 
Stà TWV ev aùxw ypap.p.axwv e^aivsTau 

I rénée (I, tS, - Ed. Migne VII, p. 6:6) tourne en ridicule les docteurs qui vous font voir danement 
l’origine supra-céleste de Jésus par un calcul de ce genre : vu que les lettres du nom de Jésus IHSOY- lues 
comme chiffres et additionnées font 888 et que d’autre part l’alphabet grjx qui sert à tradmre les nom res 
comprend 8 lettres servant à écrire les unités, plus 8 dizaines et 8 centaines, ci qui donne la même somme de 888, 
Jésus renferme donc en son essence tous les nombres c’est-à-dire toutes las perfections : E/si[{] <»*?“« xcu xr)v 
^poupàvcov xoO riM xax’ aéxoù S ^ A 4 x«l xov àX^xov x*v ’EXXijvjttvî tjtc, H*** 3 xxo>, 4 
fa., xaï Ixaxo'vxxSa; 3 xxo>, x^v x«v 3 xxaxoaûov à T So^xovx« 3 xxa> tff» Wo^a, xoüx’ M to[v I*«H xov rx 

jcàvxwv auvsaiwxa xwv àpt0[xmv. . 

Sophocles, Dictionnary, Boston, 1870, sous la rubrique « <|%°! « numerical figure » renvoie encore a Hippolite, 

Heres. 372, 45 et Théophane 575, 10 et 664, 9.